Étude CNL2 : la ventilation des logements français toujours peu conforme

L’OQEI (Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur) vient de publier les résultats de sa deuxième Campagne Nationale des Logements (CNL2), menée entre 2020 et 2023 sur 472 logements de France hexagonale. Elle dresse un état des lieux de la ventilation, de l’aération et du renouvellement d’air, quinze ans après la première campagne (2003-2005). L’échantillon est représentatif de l’ensemble du parc de résidences principales françaises, logements anciens et récents confondus — il ne s’agit donc pas d’une étude limitée aux constructions neuves. Le constat est clair : la VMC s’est largement démocratisée, mais la conformité des débits d’air, elle, ne suit pas.

Une VMC de plus en plus répandue, mais pas plus performante

Près d’un logement sur deux (49,2 %) est aujourd’hui équipé d’une VMC, principalement en simple flux autoréglable — soit 18 points de plus qu’il y a quinze ans. À l’inverse, la ventilation naturelle recule (-19 points) et ne concerne plus qu’un logement sur quatre. 15 % des logements ne disposent d’aucun système de ventilation spécifique.

Cette progression de l’équipement ne s’accompagne toutefois d’aucune amélioration significative des débits extraits ni du renouvellement global de l’air.

Des débits d’air qui peinent à suivre

Parmi les logements équipés d’une VMC :

  • 15 à 17 % des mesures réalisées aux bouches d’extraction indiquent un débit nul, selon les pièces ;
  • 37,7 % seulement présentent un débit total d’air extrait conforme à la valeur de référence retenue par l’étude ;
  • seuls 10 % des logements cumulent une mesure conforme sur le débit total et sur les débits mesurés en cuisine, en salle de bains et dans les toilettes.

Ces chiffres n’ont pas évolué de manière significative depuis la première campagne nationale. Une VMC installée n’est donc pas forcément une VMC performante — seule la mesure permet de vérifier son bon fonctionnement.

Un renouvellement d’air stable depuis quinze ans

L’étude a également estimé le taux de renouvellement d’air (TRA) à partir des concentrations en CO2, de la production métabolique des occupants et du volume des logements. Le taux médian hebdomadaire s’établit à 0,45 volume par heure, avec des variations selon le moment de la journée : 0,75 vol/h en journée dans le séjour, 0,54 vol/h la nuit dans la chambre.

Fait notable : le type de système de ventilation installé a peu d’influence sur ces indicateurs, et la conformité des débits extraits n’est pas corrélée au taux de renouvellement d’air mesuré. À l’échelle du parc, ce taux n’a pas évolué de façon significative en quinze ans.

L’ouverture des fenêtres, un facteur qui évolue

Les pratiques d’aération varient fortement selon la saison. En période de chauffe, les fenêtres restent fermées la nuit dans 87 % des logements (contre 15 % hors période de chauffe). En journée, elles restent ouvertes plus d’une heure dans 51 % des logements en période de chauffe, et 85 % hors chauffe — une pratique en hausse par rapport à la première campagne, que les auteurs associent aux recommandations d’aération diffusées pendant la crise sanitaire (22 % des foyers déclarent avoir modifié leurs habitudes à cette occasion).

Ce que ça implique pour les professionnels de la mesure et du contrôle

Cette étude confirme un enjeu bien connu des opérateurs de terrain : l’écart entre système installé et système performant ne peut être révélé que par la mesure. Pour les professionnels réalisant des contrôles de ventilation dans le cadre de la RE2020 ou de démarches qualité, ces résultats renforcent l’intérêt d’un contrôle rigoureux des débits, plutôt qu’une simple vérification de présence d’équipement.

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Sources

Étude CNL2 Ventilation – OQEI

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